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Recouvrement de créances en Libye

La procédure de recouvrement de créances en Libye commence par une analyse des indicateurs financiers du débiteur, de son domaine d’activité, de l’historique de l’entreprise, de la disponibilité de preuves documentaires de la dette, des affaires judiciaires et des procédures d’exécution en cours, et de la possibilité de contester la dette. Cette analyse constitue la stratégie qui sera utilisée pour recouvrer la créance.

Si le débiteur n’a pas d’affaires judiciaires en cours ou de jugements en suspens concernant le recouvrement de la dette et qu’il est activement engagé dans ses affaires, il est conseillé de passer à l’étape du recouvrement extrajudiciaire informel de la dette.

Cette étape implique des négociations actives avec le débiteur pour parvenir à un accord sur le paiement des créances du créancier ou sur d’autres options de règlement possibles (par exemple, la restitution des biens, le transfert de la dette à un tiers, l’échange de services ou de biens). 

L’engagement avec le débiteur commence immédiatement après l’envoi de l’avis par la poste, par courriel, par téléphone ou par messager. Ce processus implique une communication intensive avec le débiteur afin d’exercer une pression constante. L’objectif principal est de contacter les principaux décideurs afin d’obtenir le recouvrement le plus rapide possible de la dette.

La durée moyenne d’un recouvrement informel non judiciaire est de 60 jours (sauf si des versements échelonnés sont convenus). Si cette étape ne donne pas les résultats escomptés ou si l’analyse initiale s’avère inapplicable, il est nécessaire de procéder au recouvrement judiciaire.

Avant d’engager une action en justice, vous devez faire attention au délai de prescription. Le délai de prescription pour le recouvrement des créances est de 15 ans. La loi interdit de modifier ce délai par accord des parties. Les conséquences de l’expiration du délai de prescription ne sont appliquées en première instance et en appel qu’à la demande du débiteur. Le délai de prescription est interrompu par la reconnaissance explicite ou implicite par le débiteur des créances du créancier. Après l’interruption, le délai de prescription recommence à courir. 

La législation libyenne prévoit le recouvrement judiciaire des créances dans le cadre de la procédure ordinaire et par l’émission d’un ordre de paiement.

La procédure judiciaire habituelle commence par le dépôt d’une déclaration devant le tribunal. Après quoi, le tribunal remet à l’huissier une copie de la demande qui sera remise au défendeur. Le délai de comparution devant le tribunal de première instance est d’au moins huit jours en matière civile et de trois jours en matière commerciale. Après avoir signifié la créance au défendeur, l’huissier en informe le demandeur, qui est alors tenu de déposer une demande d’inscription au greffe du tribunal au plus tard la veille de la date de l’audience prévue.

Au jour fixé pour l’audience, les parties doivent comparaître en personne ou par l’intermédiaire de leurs représentants, avocats, commissaires généraux ou spéciaux. Elles peuvent également confier la représentation à leurs parents ou beaux-frères jusqu’au troisième degré de consanguinité sur la base d’une déclaration faite à l’audience ou confirmée par la signature d’un ancien de la tribu ou d’un chef de la communauté, certifiée par un magistrat compétent.

Si le défendeur ne se présente pas à la première audience, le tribunal, de sa propre initiative, après avoir vérifié l’exactitude de sa notification, reconnaît le défendeur comme absent et instruit l’affaire sans sa présence. Dans ce cas, le défendeur a le droit de se joindre à l’affaire si celle-ci n’a pas encore été renvoyée au stade du jugement.

Lors de la première réunion, le demandeur est tenu d’exposer les faits et l’objet de la réclamation, de présenter toutes les réclamations et preuves pertinentes. Le défendeur est tenu de présenter ses objections, demandes et documents avant la deuxième audience. Le tribunal de première instance a le droit, pour de bonnes raisons, de permettre aux parties, lors de l’examen de l’affaire, de présenter de nouvelles objections, preuves ou documents ou d’apporter des modifications aux exigences.

Le tribunal de première instance peut tenter de réconcilier les parties s’il l’estime utile. A cet effet, le tribunal a le droit d’obliger les parties à comparaître en personne. Si la réconciliation est réalisée, un protocole est rédigé, qui a force exécutive. Le tribunal a le droit de répéter les tentatives de réconciliation si nécessaire.

Le tribunal est tenu de mener une enquête sur l’affaire dans les plus brefs délais et d’envoyer les parties à une réunion pour examiner l’essentiel de la demande. Les parties doivent présenter cinq jours avant ladite réunion des mémoires contenant leurs demandes finales, un exposé des faits et des justifications juridiques. Après avoir examiné l’essence de la demande, le tribunal prend une décision définitive.

La procédure d’émission d’un ordre de paiement permet de recouvrer des créances d’un montant clairement défini et documentées. À cette fin, le créancier doit d’abord envoyer au débiteur une demande d’exécution de l’obligation, assortie d’un délai d’au moins trois jours. Si le débiteur ne remplit pas cette condition dans le délai imparti, le créancier a le droit de demander au tribunal de délivrer une injonction de payer. Après dépôt de la demande, le tribunal délivre une injonction de payer. Si le tribunal ne peut pas faire droit à la demande, une audience est fixée.

L’ordre de paiement doit être remis au débiteur dans les six mois suivant son émission, faute de quoi il devient invalide. Le débiteur peut contester l’injonction de payer. La protestation se fait par l’assignation du créancier à comparaître devant le tribunal de première instance ou le tribunal local, selon le cas.  Le bureau de l’huissier enregistre le cas de contestation et le tribunal entend l’affaire de manière accélérée et prend une décision finale.

La décision du tribunal de première instance peut faire l’objet d’un recours devant la cour d’appel dans un délai de 30 jours à compter de la date d’adoption de la décision contestée. La décision de la Cour d’appel peut faire l’objet d’un appel devant la Cour suprême de Libye dans un délai de 30 jours à compter de la date de la décision contestée. La décision de la Cour suprême est définitive et sans appel.

Après l’entrée en vigueur de la décision de justice, le créancier doit engager une procédure d’exécution. La décision peut être exécutée dans un délai de 15 ans. Dans le cadre de l’exécution d’une décision de justice, les créances du créancier peuvent être satisfaites par la saisie et l’annulation des fonds sur les comptes du débiteur ; saisie des biens meubles et immeubles du débiteur avec leur vente ultérieure ; arrestation et confiscation de titres ; l’arrestation et la confiscation des biens du débiteur qui sont en possession de tiers.

Une option alternative pour recouvrer les créances d’une entreprise et d’un entrepreneur est la procédure de faillite du débiteur. Selon le droit commercial libyen, le créancier a le droit d’engager cette procédure si le débiteur cesse de payer ses dettes. A ce stade, si les actifs du débiteur sont insuffisants pour satisfaire pleinement les créances des créanciers, il est possible d’annuler les opérations du débiteur réalisées dans l’intention de causer un préjudice aux créanciers. Aux termes de la loi, sont notamment considérées comme telles les transactions ou actions effectuées dans les deux années précédant l’ouverture de la procédure de faillite : 1) les actions gratuites, à l’exception des dons ordinaires et des actions visant à remplir une obligation morale ou à atteindre un objectif d’utilité publique, si elles sont proportionnées à la situation financière du donateur ; 2) le remboursement anticipé des dettes ; 3) les transactions avec des parties liées ; 4) la constitution de garanties pour des dettes préexistantes mais non échues ; 5) les transactions dans lesquelles les obligations du débiteur sont considérablement supérieures à celles de la partie adverse. Les actions compensatoires sont également invalides si elles ont été réalisées dans l’année précédant la déclaration de faillite, à condition que la contrepartie du débiteur ait eu connaissance de l’insolvabilité du débiteur. Grâce à l’annulation des opérations ci-dessus, il est possible de restituer au débiteur ce qu’il a perdu lors de ces opérations et d’augmenter ainsi la masse de liquidation pour satisfaire les créances des créanciers et couvrir les frais de mise en œuvre de la procédure de faillite.

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19.11.2024
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