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Recouvrement de créances en Inde

La procédure de recouvrement de créances en Inde commence par l’analyse de la solvabilité du débiteur, de son statut juridique, de son adresse enregistrée, des personnes habilitées à le représenter, de ses actifs disponibles, des affaires judiciaires en cours, des procédures d’exécution antérieures et des signes d’insolvabilité. Il faut également vérifier la base juridique de la créance, les factures, les documents de livraison et d’acceptation, la correspondance, l’historique des paiements, les reconnaissances de dette et les clauses du contrat relatives au règlement des litiges. Cette analyse permet de déterminer s’il convient de commencer par un recouvrement amiable, d’engager une procédure sommaire, d’introduire une action civile ou commerciale ordinaire, de faire exécuter une décision existante ou d’envisager une procédure liée à l’insolvabilité du débiteur.

Si le débiteur poursuit son activité, dispose d’actifs et qu’aucune circonstance n’impose une action judiciaire immédiate, il est généralement opportun de commencer par le recouvrement amiable de la dette.

Cette étape comprend l’envoi d’une mise en demeure formelle, l’analyse de la position du débiteur et des négociations avec les personnes qui prennent les décisions. L’objectif est d’obtenir le paiement de la dette, de convenir d’un échéancier, d’organiser la restitution de biens, le transfert de la créance, la mise en place d’une garantie ou une autre solution juridiquement admissible.

Le contact avec le débiteur peut se faire par courrier, courriel, téléphone ou messageries. Les démarches à ce stade doivent rester une communication et une négociation conformes au droit, et non une pression informelle exercée sur le débiteur.

La durée moyenne du recouvrement amiable est d’environ 60 jours, sauf si les parties conviennent d’un échéancier de paiement. Si les négociations n’aboutissent pas au paiement ou à un accord, ou si l’analyse initiale montre que le débiteur conteste la créance, évite le contact, dissimule des actifs, fait l’objet d’autres procédures d’exécution ou présente des signes d’insolvabilité, le créancier doit choisir la voie juridique appropriée : procédure sommaire, action civile ou commerciale ordinaire, exécution d’une décision existante ou procédure liée à l’insolvabilité.

En Inde, le délai de prescription applicable à de nombreuses créances contractuelles est généralement de trois ans, selon la nature de la demande et la date à laquelle le droit d’agir en justice prend naissance. Cela concerne notamment de nombreuses demandes relatives au paiement du prix de marchandises, au remboursement de sommes prêtées, au paiement d’une dette monétaire ou à l’indemnisation d’une inexécution contractuelle. Si la demande est introduite après l’expiration du délai applicable, elle peut être rejetée comme prescrite.

Une reconnaissance écrite de la dette ou un paiement partiel valable effectué avant l’expiration du délai de prescription peut faire courir un nouveau délai. Avant de saisir un tribunal en Inde, il est donc important d’analyser l’historique des paiements, les confirmations signées, les propositions de règlement, les relevés de compte et la correspondance dans laquelle le débiteur a reconnu l’existence de la dette.

Le droit indien prévoit plusieurs voies de recouvrement judiciaire de la dette, mais pour les créances commerciales, la distinction essentielle se fait entre la procédure sommaire prévue par l’ordonnance XXXVII du code indien de procédure civile de 1908 et l’action civile ou commerciale ordinaire. Le choix de la procédure dépend des documents prouvant la dette, du montant et de la nature de la créance, de l’existence d’une contestation et de la nécessité de mesures provisoires urgentes.

La procédure sommaire prévue par l’ordonnance XXXVII est une procédure spéciale applicable à certaines créances monétaires fondées sur des documents. Elle peut être utilisée lorsque le créancier réclame le paiement d’une dette ou d’une somme déterminée sur la base d’un contrat écrit, d’un effet de commerce, d’une obligation légale de paiement ou d’une garantie. Son objectif est d’éviter qu’une défense non étayée retarde le recouvrement lorsque la créance est claire et correctement documentée.

Dans cette procédure, le défendeur doit comparaître dans le délai prévu et peut demander au tribunal l’autorisation de se défendre en présentant des faits révélant une défense sérieuse. Si le défendeur ne comparaît pas, ne demande pas cette autorisation ou si le tribunal la refuse, le créancier peut obtenir une décision plus rapidement que dans une procédure ordinaire. La qualité des preuves écrites est donc particulièrement importante dès la préparation du dossier.

L’action civile ordinaire est introduite par le dépôt d’une demande conformément au code indien de procédure civile de 1908. Si le litige est commercial et atteint la valeur requise, il peut être examiné par le tribunal commercial compétent ou par une formation commerciale compétente sur la base de la loi indienne de 2015 relative aux tribunaux commerciaux.

La procédure fondée sur la loi indienne de 2015 relative aux tribunaux commerciaux dépend de la valeur requise du litige commercial. Cette valeur est généralement d’au moins 300 000 roupies indiennes, sauf si un seuil plus élevé s’applique au tribunal ou à la compétence concernés.

Dans les litiges commerciaux atteignant la valeur requise, une médiation préalable est nécessaire avant l’introduction de l’action, sauf lorsque la demande comporte des mesures provisoires urgentes. La médiation doit être achevée dans un délai de trois mois à compter de la demande du demandeur et peut être prolongée de deux mois supplémentaires avec l’accord des parties. La période de médiation n’est pas prise en compte dans le calcul du délai de prescription.

À l’issue de l’affaire, le tribunal rend une décision. Lorsque la décision porte sur le paiement d’une somme d’argent, le tribunal peut accorder des intérêts sur la base de l’article 34 du code indien de procédure civile de 1908. Les intérêts peuvent couvrir la période pertinente avant la décision et la période postérieure jusqu’au paiement, en tenant compte du pouvoir d’appréciation du tribunal, des conditions contractuelles et de la nature de l’opération commerciale.

Si le contrat prévoit un taux d’intérêt convenu, le tribunal l’apprécie avec les documents contractuels et les règles applicables. Si le contrat ne prévoit pas de taux, le tribunal peut fixer un taux raisonnable et, dans les opérations commerciales, tenir compte du taux auquel les banques publiques accordent des financements liés à de telles opérations.

Dans les affaires commerciales, l’appel d’une décision ou d’une ordonnance relevant de la loi indienne sur les tribunaux commerciaux est généralement introduit dans un délai de soixante jours à compter de la date de la décision ou de l’ordonnance. La loi prévoit également que la juridiction d’appel doit s’efforcer de statuer sur l’appel dans un délai de six mois à compter de son dépôt.

Dans les affaires civiles ordinaires, les délais de recours dépendent du type de décision, de la juridiction compétente et de la forme procédurale applicable. L’introduction d’un recours peut justifier une demande de suspension de l’exécution de la décision contestée, si la juridiction supérieure estime cette demande fondée.

Un second recours est limité et ne peut être introduit que lorsque l’affaire soulève une question de droit substantielle. Selon le code indien de procédure civile de 1908, un second recours n’est pas admis lorsque l’objet de l’action initiale est le recouvrement d’une somme d’argent ne dépassant pas 25 000 roupies indiennes.

Un jugement définitif est exécuté par le tribunal qui l’a rendu ou par le tribunal auquel il a été transmis pour exécution. Pour engager l’exécution forcée, le créancier dépose une demande auprès du tribunal compétent. Les principales mesures d’exécution comprennent la saisie et la vente des biens du débiteur, la vente des biens dans le cadre de l’exécution, la nomination d’un administrateur, la saisie de créances ou de comptes bancaires, ainsi que le recouvrement sur les actifs ou les sommes dues au débiteur découverts pendant l’exécution. La détention du débiteur dans une procédure civile ne peut être utilisée que dans des situations déterminées et sous le contrôle du tribunal, comme mesure exceptionnelle d’exécution.

Si le créancier dispose déjà d’une décision judiciaire étrangère, son exécution en Inde dépend du point de savoir si elle provient d’une juridiction d’un État bénéficiant d’un régime de reconnaissance réciproque. La décision d’une juridiction compétente d’un tel État peut être exécutée en Inde sur la base de l’article 44A du code indien de procédure civile de 1908. Pour les décisions provenant d’autres États, une procédure distincte en Inde est généralement nécessaire sur la base de la décision étrangère, avec examen des règles relatives à sa reconnaissance par le tribunal indien.

Si le débiteur est une personne morale débitrice et que le seuil légal de défaut est atteint, une procédure liée à l’insolvabilité peut être envisagée sur la base du code indien de l’insolvabilité et de la faillite de 2016. Pour les personnes morales débitrices, le seuil minimal de défaut est de 10 000 000 de roupies indiennes. Pour un créancier opérationnel, la procédure commence généralement par une mise en demeure légale, et l’existence d’un véritable litige antérieur peut empêcher l’admission de la demande d’ouverture de la procédure.

Dans le cadre d’une procédure liée à l’insolvabilité, les actes suspects du débiteur peuvent être examinés s’ils présentent un caractère préférentiel, sous-évalué, excessivement onéreux, frauduleux ou s’ils visent à porter atteinte aux créanciers. Si ces actes sont contestés avec succès dans le cadre de la procédure, la valeur récupérée peut augmenter la masse disponible pour une répartition selon l’ordre légal de priorité.

Comme voie juridique alternative ou parallèle, l’action pénale ne peut être pertinente que lorsque les circonstances de l’affaire révèlent un comportement allant au-delà du simple défaut de paiement : appropriation malhonnête de biens confiés, tromperie, incitation frauduleuse à remettre des marchandises ou de l’argent, dissimulation ou transfert de biens afin de nuire aux créanciers, ou comportements similaires. Selon le code pénal indien de 2023 actuellement applicable, de telles circonstances peuvent relever des règles relatives à l’abus de confiance, à la tromperie et aux actes patrimoniaux frauduleux portant atteinte aux créanciers.

Si vous avez besoin d’un accompagnement pour le recouvrement international de créances en République de l’Inde, Grandliga peut analyser les documents, évaluer la position du débiteur, déterminer la voie appropriée de recouvrement et coordonner les démarches amiables, judiciaires, d’exécution ou liées à l’insolvabilité avec des spécialistes juridiques locaux. Vous pouvez également nous transmettre les documents pour une première évaluation du dossier.

21.10.2024
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