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Recouvrement de créances en Croatie

La procédure de recouvrement de créances en Croatie commence par une analyse des indicateurs financiers du débiteur, de son domaine d’activité, de l’historique de l’entreprise, de la disponibilité de preuves documentaires de la dette, des affaires judiciaires et des procédures d’exécution en cours, et de la possibilité de contester la dette. Cette analyse constitue la stratégie qui sera utilisée pour recouvrer la créance.

Si le débiteur n’a pas d’affaires judiciaires en cours ou de jugements en suspens concernant le recouvrement de la dette et qu’il est activement engagé dans ses affaires, il est conseillé de passer à l’étape du recouvrement extrajudiciaire informel de la dette.

Dans la grande majorité des cas, le recouvrement des créances s’effectue sans intervention du tribunal. En règle générale, les entreprises croates s’efforcent d’éviter d’acquérir une « mauvaise réputation » (par exemple, « scela concerne les cas pour lesquels des mesures de recouvrement sont constamment initiées à leur encontre »), car le paiement des biens ou des services est une obligation légale pour toute entreprise, et ceux qui omettent délibérément de payer les factures ne sont pas des entrepreneurs, mais des fraudeurs.

La loi sur les délais d’exécution des obligations financières constitue une incitation supplémentaire pour les entreprises croates à payer leurs dettes de manière préjudicielle. Cette loi stipule que le délai maximum pour le paiement de biens ou de services est de 60 jours, mais que dans des cas exceptionnels, ce délai peut être prolongé pour une période plus longue. Si les parties n’ont pas fixé le délai de paiement du coût des marchandises livrées ou des services rendus, ce délai est de 30 jours par défaut.

En cas de non-respect des délais fixés, le débiteur doit payer une amende allant de 10 000,00 à 1 000 000,00 kuna par infraction, et la personne responsable du débiteur est soumise à une amende allant de 1 000,00 à 50 000,00 kuna, respectivement.

La simple annonce de la possibilité d’un litige est généralement une incitation suffisante pour que le débiteur effectue le paiement s’il dispose de fonds suffisants pour le faire. La procédure judiciaire peut être longue et coûteuse, et les débiteurs essaient généralement de l’éviter à tout prix.

La phase extrajudiciaire implique des négociations actives avec le débiteur pour parvenir à un accord sur le paiement des créances du créancier ou sur d’autres options de règlement possibles (par exemple, la restitution de biens, le transfert de la dette à un tiers, l’échange de services ou de biens). 

L’engagement avec le débiteur commence immédiatement après l’envoi de l’avis par courrier, courriel, téléphone ou messagerie. Ce processus implique une communication intensive avec le débiteur afin d’exercer une pression constante. L’objectif principal est de contacter les principaux décideurs afin de recouvrer la dette le plus rapidement possible.

Le délai moyen de recouvrement à l’amiable est de 60 jours (à moins qu’une période plus longue de paiements échelonnés ne soit convenue). Si cette étape ne donne pas les résultats escomptés ou si, après une première analyse, il apparaît clairement qu’elle n’est pas applicable, il est nécessaire de passer au recouvrement judiciaire.

Avant d’entamer le recouvrement judiciaire, il convient de prêter attention au délai de prescription. Le délai de prescription général est de 5 ans. La loi sur les relations obligatoires interdit de modifier ce délai. L’omission du délai de prescription n’empêche pas le créancier de s’adresser au tribunal, car le tribunal ne tiendra compte d’une telle circonstance que si le débiteur la déclare. La loi prévoit la possibilité d’interrompre le délai de prescription en cas de reconnaissance écrite de la dette par le débiteur, ou de paiement partiel de la dette ou des intérêts de la dette.

Il n’est pas nécessaire d’effectuer une procédure obligatoire de recouvrement de créances avant de saisir le tribunal, et l’absence de procédure n’est pas une condition d’ouverture de la procédure. 

En fonction de la complexité de l’affaire et de la valeur de la créance, la législation prévoit les options suivantes pour le recouvrement judiciaire des créances: 

1. Offre d’exécution devant un notaire public. Si la créance est confirmée par des documents authentiques (tels que des factures, des lettres de change et des chèques avec protêt, des documents publics, des extraits de livres de commerce, des documents privés certifiés par la loi, des documents publics spéciaux), un titre exécutoire peut être émis par un notaire et ensuite exécuté par un huissier de justice. À cette fin, le notaire envoie une proposition d’exécution à la partie adverse, en indiquant la nécessité de satisfaire à l’exigence de l’huissier de justice dans un délai de 15 jours. Si l’offre n’est pas retirée dans ce délai, le notaire émet un jugement d’exécution et le signifie aux parties. Dans le cas contraire, l’affaire est renvoyée au tribunal compétent pour examen.

2. Approbation de l’accord de règlement amiable au stade de la procédure judiciaire. Cette option est applicable si le tribunal estime que les circonstances de l’affaire et la durée de la coopération des parties permettent de régler le litige par la conciliation des parties. Si les parties acceptent la procédure de conciliation, le tribunal organise une réunion de conciliation avec la participation d’un médiateur. Si la procédure de conciliation est couronnée de succès, les parties concluent un accord de règlement judiciaire, qui a valeur de titre exécutoire.

3. La procédure d’émission d’une injonction de payer (« Platnog naloga ») est applicable aux créances incontestées. Après le dépôt de la demande, le tribunal délivre une injonction de payer, dans laquelle il enjoint au défendeur de s’acquitter de la créance avec les frais dans un délai de huit jours ou de présenter une objection dans le même délai. Si le défendeur ne fait pas opposition dans le délai imparti, l’injonction de payer devient définitive. Si le débiteur fait opposition dans le délai imparti, l’injonction de payer est considérée comme nulle et l’affaire est examinée dans le cadre de la procédure judiciaire générale. 

4. La procédure pour les litiges de faible valeur (« Postupak u sporovima male vrijednosti ») s’applique aux affaires dont le montant réclamé ne dépasse pas 1320 euros. Sinon, cette procédure est similaire à la procédure ordinaire de litige, mais elle est menée sous forme de procédure écrite dans un délai ne dépassant pas un an.

5. La procédure d’émission d’une injonction de payer européenne (« Europski platni nalog ») est applicable aux cas de créances monétaires incontestées entre des parties de l’Union européenne (à l’exception du Danemark). La valeur de la créance pour cette procédure ne doit pas dépasser 5 000 euros. Pour obtenir une injonction de payer européenne, il faut remplir un formulaire de demande standard et le soumettre à la juridiction. Le tribunal accepte l’injonction de payer à huis clos et l’envoie au débiteur, qui dispose alors de 30 jours pour faire opposition auprès du tribunal. Si le débiteur fait opposition, la juridiction convoque le plaignant pour entendre sa position sur l’affaire et, si elle estime l’opposition justifiée, annule l’injonction de payer. Dans ce cas, l’affaire est soumise à la procédure générale. Si le débiteur ne s’y oppose pas, l’injonction de payer a la force d’un jugement définitif. L’injonction de payer européenne est reconnue dans tous les États membres de l’UE (à l’exception du Danemark). 

6. Le contentieux général s’applique aux cas où le débiteur conteste l’injonction de payer ou lorsqu’il est d’emblée évident que la créance du créancier est contestée. Ce processus est mené par le biais d’une procédure judiciaire avec convocation des parties pour entendre leurs positions sur l’affaire. Conformément à la loi sur la procédure civile, l’affaire doit être entendue dans un délai raisonnable, mais pas plus de trois ans à compter de la date de dépôt de la demande. À l’issue de l’audience, le tribunal rend un jugement (« Presude »), qui entre en vigueur dans les 15 jours suivant la signification de la transcription du jugement au plaideur, à condition qu’il ne fasse pas l’objet d’un appel. 

Une partie qui n’est pas satisfaite de l’arrêt du Tribunal de première instance a le droit de faire appel dans un délai de 15 jours à compter de la date de réception de la transcription de l’arrêt. Le délai d’examen d’une affaire par la cour d’appel n’excède pas un an, et jusqu’à six mois pour les affaires de faible importance.

L’arrêt définitif de la cour d’appel peut être révisé devant la Cour suprême de la République de Croatie dans un délai de trente jours à compter de la date d’émission de l’autorisation de révision de la cour. L’autorisation de réexamen de la décision rendue en deuxième instance doit être déposée dans un délai de 30 jours à compter de la date de la décision faisant l’objet de l’appel. Toutefois, le réexamen ne peut être effectué que si, au cours de ce réexamen, à une prise de décision sur une question de droit qui sera importante pour résoudre le litige et garantir l’application uniforme de la loi dans une catégorie similaire d’affaires.

Après réception du jugement définitif, si le débiteur refuse de se conformer volontairement aux décisions du tribunal, l’exécution de la décision du tribunal doit être engagée par l’intermédiaire du tribunal. À son tour, le tribunal adopte une décision ou un avis dans lequel il indique à l’huissier de justice les mesures à prendre à l’égard du débiteur.

Dans le cadre de l’exécution judiciaire du jugement, les créances du créancier peuvent être satisfaites par la radiation de fonds des comptes du débiteur; la saisie de biens meubles et immeubles, la détermination de leur valeur et leur vente ultérieure; la constitution forcée d’un gage sur des biens immeubles; l’assurance judiciaire et notariale avec transfert de propriété. 

Si les procédures d’exécution n’ont pas abouti à des résultats positifs et que le débiteur n’est pas en mesure de remplir ses obligations monétaires, le créancier a le droit d’engager une procédure de faillite à l’encontre du débiteur. L’article 173 de la loi sur les faillites prévoit la possibilité de tenir les propriétaires du débiteur personnellement responsables des dettes de l’entreprise. De son côté, la loi sur les sociétés commerciales établit que les associés d’une société commerciale publique et les partenaires généraux d’une société en commandite sont personnellement, indéfiniment et conjointement responsables des obligations de ces sociétés avec tous leurs biens. Quant aux associés des sociétés à responsabilité limitée, des sociétés par actions et des commanditaires des sociétés en commandite, ils ne peuvent être tenus responsables que dans des cas exceptionnels, tels que : l’utilisation de la société pour nuire aux créanciers ou pour réduire les actifs de la société en leur faveur ou en faveur d’une autre personne, même s’ils ne savaient pas qu’il en résulterait une défaillance de la société.

Un autre moyen de faire pression sur le débiteur pour qu’il recouvre sa dette consiste à tenir les fonctionnaires ou autres responsables du débiteur pour pénalement responsables, en vertu de l’article 311 du code pénal de la République de Croatie, du non-respect d’une décision de justice juridiquement contraignante.

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28.06.2024
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