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Recouvrement de créances au Laos

Le recouvrement d’une créance au Laos doit commencer par l’établissement d’une chronologie claire de l’obligation, depuis l’opération à l’origine de la dette jusqu’à la date à laquelle le paiement est devenu impayé. Les contrats, factures, documents de livraison ou de réception, relevés de compte, historique des paiements et correspondance doivent permettre d’établir ce qui a été livré ou exécuté, les sommes déjà versées et le solde restant dû. Toute reconnaissance de dette, garantie, question relative à la devise de paiement ou contestation documentée doit également être prise en compte avant de choisir la voie de recouvrement.

Le statut juridique du débiteur est particulièrement important au Laos, car les entreprises exercent leurs activités sous des formes enregistrées et doivent utiliser leur dénomination enregistrée ainsi que les informations relatives à leur siège dans leur identification commerciale. Si le débiteur est identifiable, actif et n’est pas déjà concerné par des procédures qui rendent la négociation inefficace, une phase extrajudiciaire peut être utilisée avant le dépôt d’une demande en justice. Si le débiteur dissimule des biens, ignore les mises en demeure, fait déjà l’objet de mesures d’exécution ou présente des signes d’insolvabilité, la stratégie doit passer plus rapidement au recouvrement judiciaire de créances, aux mesures de garantie de la créance, à la reconnaissance d’une décision étrangère existante ou à une voie liée à la faillite.

Cette étape comprend le recouvrement extrajudiciaire de créances au Laos au moyen de négociations conformes à la loi avec le débiteur, afin d’obtenir un paiement volontaire ou une autre solution commercialement acceptable, notamment un calendrier de remboursement, la restitution des marchandises, la compensation de créances réciproques, le transfert de la dette à un tiers, la constitution d’une garantie ou tout autre accord pouvant être documenté et utilisé si le débiteur ne respecte pas ses engagements.

La communication avec le débiteur peut commencer après l’envoi d’une mise en demeure écrite par courrier, par courrier électronique, par téléphone ou par des moyens de communication utilisés dans les relations commerciales, selon les coordonnées disponibles et les besoins de preuve. Au Laos, la valeur pratique de cette étape dépend de la capacité du créancier à prouver ce qui a été demandé, la date d’envoi de la demande, la personne qui l’a reçue et la réaction du débiteur, notamment la reconnaissance de la dette, la demande d’un délai supplémentaire, la contestation de la créance ou l’absence de réponse. Cette preuve est particulièrement importante lorsqu’une procédure de faillite de l’entreprise peut ensuite être envisagée, car le droit laotien relatif à la faillite des entreprises prévoit, dans certaines situations, des mises en demeure répétées.

La durée moyenne du recouvrement extrajudiciaire est de 60 jours, sauf lorsqu’un plan de remboursement échelonné a été convenu. Si cette étape ne produit pas le résultat attendu, si le débiteur utilise les négociations pour retarder le paiement ou si l’analyse initiale montre qu’un recouvrement volontaire est peu probable, le créancier doit passer au recouvrement judiciaire de créances, aux mesures de garantie de la créance ou à une stratégie liée à l’insolvabilité.

Avant d’engager une action judiciaire, il convient d’évaluer le délai de prescription. Selon le code civil laotien, le délai de prescription est de 10 ans pour les créances issues de contrats de construction et de 3 ans pour les autres créances contractuelles, les créances indemnitaires et les autres créances, sauf si une autre loi prévoit un délai différent. Le tribunal n’applique pas la prescription de sa propre initiative lorsque les parties ne l’invoquent pas, et les délais de prescription prévus par le code civil ne peuvent pas être modifiés par accord des parties. Le délai peut être arrêté par l’introduction d’une demande ou par la reconnaissance de la dette ou d’une autre obligation par le débiteur, après quoi le délai est recalculé. Si le débiteur reconnaît la dette après l’expiration de la prescription, l’obligation se poursuit à compter de la date de reconnaissance, mais cet effet ne s’applique pas aux tiers, notamment aux garants.

Le droit laotien prévoit le recouvrement judiciaire de créances dans le cadre de la procédure judiciaire ordinaire.

La procédure judiciaire ordinaire commence par le dépôt d’une demande devant le tribunal laotien compétent. Dans les litiges relatifs aux dettes commerciales, le tribunal saisi doit être compétent pour examiner l’affaire, et les litiges commerciaux sont traités au niveau des tribunaux populaires de province ou de la capitale. La demande doit indiquer le tribunal, les parties et leurs adresses, les représentants des personnes morales, les faits et les preuves sur lesquels la créance est fondée, le montant réclamé, la mesure demandée et les documents joints à la demande.

Après réception de la demande, le tribunal vérifie sa compétence et la conformité de la demande aux exigences légales. Si la demande est acceptée, le tribunal la transmet au défendeur afin que celui-ci puisse présenter sa défense ou une demande reconventionnelle. Si les parties ne règlent pas le litige par une médiation devant le tribunal, le tribunal poursuit l’affaire, examine et recueille les preuves et les présente à l’audience. La procédure commerciale doit commencer dans un délai de 15 jours après la réception de la demande par la chambre compétente, tandis que la procédure civile ordinaire doit commencer dans un délai de 60 jours.

Après réception de la position du défendeur ou après l’expiration du délai prévu pour la présenter, le tribunal fixe l’audience. La durée de l’établissement des faits, de l’examen de l’affaire et du prononcé de la décision en première instance dans les affaires civiles ne doit pas dépasser 9 mois à compter du jour où l’affaire est attribuée au juge. L’audience commence par la position du demandeur, puis le tribunal vérifie si le défendeur reconnaît la demande. Si le défendeur reconnaît la créance, le tribunal peut rendre une décision sans autres audiences.

Si le défendeur ne reconnaît pas la créance, le tribunal entend sa position et examine les preuves de l’affaire, notamment les témoignages, les avis d’experts, les preuves matérielles, les preuves écrites et les autres documents pertinents pour le litige.

Lorsque le créancier dispose de raisons de protéger sa créance avant l’exécution effective de la décision finale, la procédure civile laotienne permet des mesures de garantie de la créance destinées à préserver la possibilité de recouvrer la dette. Ces mesures peuvent comprendre la saisie ou la mise sous séquestre des biens du défendeur dans la limite du montant de la dette et des intérêts, des restrictions concernant certains actes liés à l’affaire, des restrictions relatives à la conclusion d’obligations contractuelles portant sur le litige et d’autres mesures visant à garantir le paiement de la créance.

À la fin de l’audience, le tribunal résume les questions sur lesquelles subsistent des doutes ou des contradictions et peut demander aux parties de produire des preuves supplémentaires. Si les circonstances de l’affaire sont suffisamment claires, le tribunal passe aux arguments finaux des parties, puis rend une décision qui devient effective après l’expiration du délai de recours, sauf si un recours est formé.

La décision du tribunal de première instance peut faire l’objet d’un recours devant la cour d’appel dans un délai de 20 jours à compter de la date de la décision, ou dans un délai de 20 jours à compter de la réception de la notification lorsque la décision a été rendue en l’absence de la partie ou est considérée comme une décision par défaut. Le recours est déposé par l’intermédiaire du tribunal de première instance, et l’étape d’appel comprend un réexamen de l’affaire en fait et en droit. La durée de l’établissement des faits, de l’examen de l’affaire et du prononcé de la décision au stade de l’appel ne doit pas dépasser 4 mois à compter du jour où l’affaire est attribuée au juge.

La décision de la cour d’appel peut être contestée devant la Cour populaire suprême par un pourvoi en cassation dans un délai de 60 jours à compter de la date de la décision d’appel, ou dans un délai de 60 jours à compter de la réception de la notification lorsque la décision a été rendue en l’absence de la partie ou est considérée comme une décision par défaut. La cassation porte sur le respect de la procédure, l’appréciation des faits déjà examinés par la cour d’appel et l’application correcte du droit à ces faits. La durée de l’examen au stade de la cassation ne doit pas dépasser 2 mois à compter du jour où l’affaire est attribuée au juge. La décision définitive est exécutée conformément aux règles relatives à l’exécution des décisions de justice.

Pour les créanciers étrangers, la reconnaissance et l’exécution des décisions judiciaires étrangères au Laos peuvent être pertinentes lorsqu’une décision a déjà été obtenue hors du Laos. La procédure civile laotienne permet la reconnaissance et l’exécution des décisions judiciaires étrangères par l’intermédiaire de l’ambassade, du consulat ou de la représentation de la République démocratique populaire lao dans l’État où la décision a été rendue. La décision étrangère doit être traduite en langue lao et certifiée par le tribunal populaire laotien. Cette voie s’applique aux décisions provenant d’États liés par un traité et aux affaires qui ne portent pas atteinte à la souveraineté du Laos, ne sont pas contraires au droit laotien, ne violent pas les règles de procédure civile et ne sont pas contraires aux exigences de sécurité et d’ordre social.

Après que la décision de justice est devenue définitive, le créancier engage l’exécution forcée par l’intermédiaire de l’office ou de l’unité compétente chargé de l’exécution des décisions de justice. Les règles laotiennes relatives à l’exécution prévoient que les instructions, ordonnances, décisions et jugements définitifs sont transmis aux parties concernées pour exécution dans un délai de 30 jours à compter du jour où ils deviennent exécutoires. L’agent chargé de l’exécution examine la décision définitive, convoque les parties, les informe des modalités d’exécution et accorde à la personne tenue d’exécuter la décision un délai d’exécution volontaire avant l’application de mesures coercitives.

Dans le cadre de la procédure d’exécution, les créances du créancier peuvent être satisfaites par l’identification et la saisie des biens du débiteur, la saisie ou la confiscation de biens meubles ou immeubles, l’évaluation et la vente aux enchères des biens, les mesures d’exécution lorsque les biens sont situés dans plusieurs districts ou provinces, le recouvrement des revenus issus de l’activité commerciale et l’application d’autres mesures d’exécution prévues par la loi. Si le débiteur a la capacité de payer mais refuse intentionnellement d’exécuter la décision pendant plus de 60 jours après la notification de l’exécution, des amendes d’exécution peuvent être imposées, notamment 1 % de la dette impayée après plus de 60 jours et 3 % après plus de 90 jours. Les organes chargés de l’exécution des décisions de justice peuvent émettre des ordres de saisie, de confiscation, d’amende et d’autres mesures d’exécution, mais la seule volonté d’accélérer le paiement d’une dette civile ne peut pas justifier une détention ou une privation de liberté.

Si le débiteur est une société ou une autre entreprise constituée au Laos, une voie alternative ou complémentaire de recouvrement peut être la réhabilitation ou la faillite de l’entreprise débitrice. Un créancier peut déposer une demande de faillite contre une entreprise insolvable lorsque le montant total de la dette impayée est d’au moins 10 000 000 de kips laotiens, que le créancier a adressé à l’entreprise débitrice une mise en demeure de payer au moins trois fois, que l’intervalle entre chaque mise en demeure est d’au moins 20 jours et que l’entreprise débitrice a accusé réception des mises en demeure sans payer la dette.

Le dossier de demande de faillite doit comprendre la demande adressée au tribunal, les preuves de la dette impayée, les lettres de recouvrement ou autres preuves des démarches de recouvrement, les contrats concernés et les autres documents liés à la demande. Les procédures de réhabilitation et de faillite sont examinées par la chambre commerciale au niveau de la province ou de la capitale, et la compétence territoriale est liée au siège enregistré de l’entreprise débitrice.

Après l’ouverture d’une procédure de réhabilitation ou de faillite, les actions civiles en cours ou les procédures concernant les biens de l’entreprise débitrice peuvent être suspendues et rattachées à la procédure de faillite. Cela influence la stratégie de recouvrement, car le créancier peut devoir agir par l’intermédiaire de l’administrateur, de l’assemblée des créanciers, de l’organe chargé de l’exécution des décisions de justice et du tribunal, au lieu de poursuivre séparément l’exécution sur les mêmes biens.

Si les biens du débiteur ne suffisent pas à désintéresser pleinement les créanciers, l’administrateur peut demander au tribunal de déclarer nuls certains actes de l’entreprise débitrice lorsqu’ils ont été accomplis dans l’année précédant la date du dépôt de la demande. Ces actes comprennent le transfert ou la cession de biens à des créanciers ou à d’autres personnes, la transformation de dettes non garanties en dettes garanties, le paiement d’une dette avant son échéance, la vente de biens à un prix inférieur à la valeur de marché, la renonciation à des créances, la reconnaissance de dettes inexistantes ou exagérées, ainsi que d’autres actes accordant un avantage à un créancier ou à une autre personne. Si ces actes sont annulés, les biens ou la valeur concernés peuvent être réintégrés dans la masse de liquidation et utilisés pour le paiement selon l’ordre légal de priorité.

En liquidation, le droit laotien de la faillite donne priorité aux salaires des employés et aux cotisations sociales impayées jusqu’à la date d’ouverture de la procédure de faillite, puis au principal et aux intérêts des prêts utilisés pour la réhabilitation, aux dettes garanties, aux dettes envers l’État, notamment les impôts dans la limite prévue par la loi, et seulement ensuite aux dettes non garanties. Les créanciers d’un rang supérieur sont payés avant les créanciers d’un rang inférieur, et les créanciers du même rang sont payés proportionnellement lorsque la masse est insuffisante. Le statut du créancier, l’existence d’une garantie et le moment de naissance de la créance sont donc importants pour évaluer les perspectives de recouvrement.

Les propriétaires, directeurs ou dirigeants de l’entreprise débitrice peuvent également subir des conséquences juridiques si l’administrateur constate la dissimulation de documents comptables ou de biens, le déplacement ou le transfert d’actifs, l’augmentation illégale des dettes, la création de garanties pour des dettes non garanties, la réduction ou le retrait de créances, des opérations non autorisées ou d’autres actes portant atteinte à la masse de liquidation. En cas de gestion gravement négligente ou imprudente ayant causé la faillite, ces personnes peuvent être privées du droit d’exercer les fonctions de directeur ou de dirigeant dans toute entreprise pendant trois ans à compter de la décision de faillite.

Lorsqu’un débiteur au Laos a cessé de payer, il convient de déterminer si la poursuite des négociations présente encore un intérêt pratique ou si le dossier nécessite désormais des mesures formelles de recouvrement. Nous pouvons analyser la situation existante, déterminer la voie de recouvrement la plus appropriée et, après accord sur la stratégie et les conditions de notre intervention, mettre en œuvre les mesures nécessaires au recouvrement de la dette au Laos.

08.10.2024
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