Main img Recouvrement de créances au Congo

Recouvrement de créances au Congo

La procédure de recouvrement de créances au Congo commence par une analyse des indicateurs financiers du débiteur, de son domaine d’activité, de l’historique de l’entreprise, de la disponibilité de preuves documentaires de la dette, des affaires judiciaires et des procédures d’exécution en cours, et de la possibilité de contester la dette. Cette analyse constitue la stratégie qui sera utilisée pour recouvrer la créance.

Si le débiteur n’a pas d’affaires judiciaires en cours ou de jugements en suspens concernant le recouvrement de la dette et qu’il est activement engagé dans ses affaires, il est conseillé de passer à l’étape du recouvrement extrajudiciaire informel de la dette.

Cette étape implique des négociations actives avec le débiteur pour parvenir à un accord sur le paiement des créances du créancier ou sur d’autres options de règlement possibles (par exemple, la restitution des biens, le transfert de la dette à un tiers, l’échange de services ou de biens). 

L’engagement avec le débiteur commence immédiatement après l’envoi de l’avis par la poste, par courriel, par téléphone ou par messager. Ce processus implique une communication intensive avec le débiteur afin d’exercer une pression constante. L’objectif principal est de contacter les principaux décideurs afin d’obtenir le recouvrement le plus rapide possible de la dette.

La durée moyenne d’un recouvrement informel non judiciaire est de 60 jours (sauf si des versements échelonnés sont convenus). Si cette étape ne donne pas les résultats escomptés ou si l’analyse initiale s’avère inapplicable, il est nécessaire de procéder au recouvrement judiciaire.

La République du Congo est membre de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires), qui comprend neuf actes juridiques uniformes approuvés et soumis à l’application par tous les pays membres de l’organisation susmentionnée. Par conséquent, les procédures de recouvrement judiciaire des créances, d’exécution et de faillite sont principalement régies par les dispositions des actes uniformes pertinents.

Avant d’engager une action en justice, vous devez faire attention au délai de prescription. Le délai général de prescription en droit national congolais est de 30 ans. Selon les dispositions du droit commercial général OHADA, les obligations nées des transactions commerciales entre commerçants ou entre commerçants et non commerçants prennent fin au bout de cinq ans. Les conséquences de l’expiration du délai de prescription ne sont appliquées devant le tribunal de première instance et d’appel qu’à la demande du débiteur. Le délai de prescription est interrompu par la reconnaissance par le débiteur des créances du créancier. Après l’interruption, le délai de prescription recommence à compter. Le délai de prescription peut être raccourci ou prolongé par accord des parties. Toutefois, il ne peut être réduit à moins d’un an et porté à plus de dix ans. Les parties peuvent également, d’un commun accord, compléter la liste des motifs de suspension et d’interruption des délais de prescription.

Le recouvrement judiciaire des créances en République du Congo s’effectue selon la procédure judiciaire habituelle et par l’émission d’une injonction de payer.

La procédure judiciaire habituelle commence par le dépôt d’une requête au greffe, après quoi le greffier délivre immédiatement une convocation au demandeur ou à son représentant, qui indique la date de l’audience au cours de laquelle l’affaire sera examinée. Un délai minimum de 30 jours doit s’écouler entre l’envoi de la convocation au débiteur et la date de l’assemblée. Ce délai s’étend jusqu’à trois mois maximum si le prévenu n’a pas de lieu d’habitation ou de résidence au Congo.

Au jour fixé, les parties doivent se présenter au tribunal en personne ou par l’intermédiaire de leurs représentants. Si le défendeur ne se présente pas, à condition qu’une citation lui ait été signifiée, l’affaire peut être examinée sans la participation du défendeur. Si le tribunal ne dispose pas de la preuve que l’assignation a été régulièrement signifiée au prévenu, il ordonnera que le prévenu soit de nouveau convoqué.

Si les parties se présentent, au début de la réunion, les parties sont invitées à tenter de se réconcilier. Si les parties sont d’accord, l’affaire est transférée à une réunion de conciliation, sinon – à une réunion publique immédiatement après celle-ci. L’audience de conciliation se déroule devant le tribunal à huis clos. En cas de conciliation, un procès-verbal est établi. Dans le cas contraire, l’affaire est renvoyée en audience publique.

L’examen de l’affaire est mené de manière contradictoire. Chaque partie est informée des déclarations, écrits, arguments et documents de la partie adverse et a la possibilité d’y répondre. Après avoir entendu les parties et examiné les preuves, la juridiction peut rendre une décision si tous les faits sont clairs et établis. Si la vérité n’a pas été établie, la juridiction ordonne aux parties de comparaître, d’interroger les témoins, de procéder à une expertise, de vérifier l’authenticité des documents et d’accomplir d’autres actes nécessaires. À l’issue de ces actions, la juridiction organise un débat entre les parties et prend une décision finale.

La procédure d’émission d’un ordre de paiement est régie par la Loi OHADA relative au règlement des dettes. Il est utilisé pour recouvrer les dettes nées de contrats, de effets négociables ou de chèques. Pour engager cette procédure, le créancier doit demander au tribunal de délivrer une injonction de payer, en joignant les documents confirmant l’existence de la dette. Si le tribunal estime la demande entièrement ou partiellement justifiée, il ordonne le paiement du montant précisé. En cas de refus de satisfaire la demande, en tout ou en partie, le créancier ne peut faire appel de cette décision et a le droit de déposer une réclamation dans le cadre de la procédure judiciaire normale.

Des copies de la demande et de l’injonction de payer doivent être signifiées au débiteur dans un délai de trois mois. Si cette condition n’est pas remplie, l’injonction devient invalide. Dès réception des documents, le débiteur doit soit payer la dette dans un délai de 15 jours, soit faire opposition dans le même délai. En l’absence d’opposition, l’injonction de payer acquiert le statut de titre exécutoire. Si le débiteur fait opposition, le juge tente de concilier les parties. En cas de succès, un acte de conciliation est établi, signé par les parties, dont un exemplaire contient la formule exécutoire. Si la conciliation n’est pas possible, le tribunal connaît immédiatement de l’affaire et rend un jugement sur la demande de recouvrement, même si le débiteur qui a fait opposition n’est pas présent. Cette décision a l’effet d’une ordonnance contradictoire et remplace l’ordre de paiement initial.

La décision du tribunal de première instance peut faire l’objet d’un recours devant la cour d’appel dans un délai d’un mois à compter de la date d’adoption de la décision contestée. La décision de la cour d’appel peut faire l’objet d’un appel devant la Cour suprême du Congo dans un délai de deux mois à compter de la date de la décision. Si l’intéressé se trouve hors du pays, le délai de recours est de 3 mois. Pendant le délai de recours, l’effet de la décision attaquée peut être suspendu à la demande de l’intéressé si l’exécution de la décision cause un préjudice irréparable. La décision de la Cour suprême est définitive et sans appel.

Après l’entrée en vigueur de la décision de justice, le créancier doit engager une procédure d’exécution. Le jugement peut être exécuté dans un délai de 30 ans. Dans le cadre de l’exécution d’une décision de justice, les créances du créancier peuvent être satisfaites par la saisie et l’annulation des fonds sur les comptes du débiteur ; saisie des biens meubles et immeubles du débiteur avec leur vente ultérieure ; saisie et confiscation des titres, saisie et confiscation des biens du débiteur qui sont en possession de tiers.

Une autre façon de recouvrer une dette consiste à engager une procédure de faillite pour le débiteur. En République du Congo, cette procédure est régie par la Loi Uniforme sur l’Insolvabilité OHADA. Un créancier peut déclarer faillite si ses créances sont incontestées, liquides et exigibles. Si les biens du débiteur ne suffisent pas à satisfaire pleinement les créances des créanciers, la loi prévoit la possibilité d’annuler les transactions effectuées par le débiteur dans le but de causer un préjudice aux créanciers. Ces opérations conclues pendant la période comprise entre la suspension des paiements et le début de la procédure de faillite comprennent : le transfert gratuit de propriété ; les accords dans lesquels les obligations du débiteur dépassent largement les obligations de l’autre partie ; remboursement anticipé des dettes non encore échues ; fournir une garantie pour les obligations préexistantes ; toute transaction conclue sur une base compensatoire si l’autre partie avait connaissance de l’insolvabilité financière du débiteur. L’annulation de telles transactions permet de restituer les actifs perdus à la masse de liquidation, ce qui augmente le montant des fonds pour satisfaire les créances des créanciers et couvrir les frais liés à la procédure de faillite.

Si vous avez des questions ou avez besoin d’aide en matière de recouvrement de créances internationales au Congo, notre société est prête à vous fournir notre assistance experte pour résoudre efficacement votre problème financier. Contactez-nous pour recevoir des informations supplémentaires et un soutien professionnel de nos spécialistes.

23.12.2024
502