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Recouvrement de créances à Guam

Le recouvrement de créances à Guam exige une évaluation juridique et pratique distincte, car Guam est un territoire des États-Unis doté de son propre système judiciaire local, de sa propre procédure civile et de mécanismes d’exécution particuliers. Une telle affaire ne doit pas être traitée automatiquement comme un simple recouvrement dans un État des États-Unis ni comme une procédure classique contre un débiteur situé dans un pays étranger. La première étape consiste à identifier correctement le débiteur : société enregistrée à Guam, personne physique, société étrangère exerçant une activité à Guam ou débiteur dont les biens se trouvent sur l’île.

Avant de contacter le débiteur ou de choisir une voie de recouvrement, le créancier doit vérifier son statut d’enregistrement ou de licence, son adresse réelle, son activité commerciale et les biens visibles à Guam. La créance doit également être appuyée par des documents de base, tels qu’un contrat écrit, des factures, des relevés de compte, des documents de livraison, une correspondance ou une reconnaissance de dette. Cette évaluation initiale permet de déterminer si le dossier peut être réglé par la négociation ou s’il nécessite une procédure juridique formelle.

Le recouvrement amiable de créances à Guam commence généralement par une demande de paiement documentée adressée au débiteur, suivie de négociations, d’une proposition d’échelonnement ou d’un autre règlement commercialement raisonnable. Cette étape peut être utile lorsque le débiteur poursuit son activité, souhaite préserver des relations d’affaires ou accepte de reconnaître la dette.

Dans les dossiers commerciaux, le créancier peut négocier le paiement intégral, un calendrier de versements, la restitution de marchandises, un règlement partiel, une compensation ou une autre solution conforme au droit. Si le dossier concerne une dette de consommation et que la communication est effectuée par un agent de recouvrement soumis aux règles fédérales sur les pratiques loyales de recouvrement, la procédure doit aussi respecter les restrictions relatives aux contacts avec le débiteur, aux informations sur la dette, aux contestations, aux créances prescrites et aux comportements interdits.

Si le débiteur ignore la demande, refuse de confirmer un calendrier de paiement réaliste, conteste la dette sans fondement suffisant, dissimule son adresse réelle ou ne manifeste aucune intention de payer volontairement, l’étape amiable peut perdre son efficacité. Dans cette situation, le créancier peut passer au recouvrement judiciaire de créances à Guam. Avant de déposer une demande en justice, il faut déterminer le délai de prescription applicable, car une créance prescrite peut permettre au débiteur de soulever une défense fondée sur la prescription devant le tribunal.

Le délai de prescription des créances à Guam dépend de la base juridique de l’obligation. Une action fondée sur un contrat, une obligation ou une responsabilité constatés par un document écrit est généralement soumise à un délai de quatre ans. Le même délai de quatre ans s’applique également aux créances résultant d’un compte comptable, d’un solde reconnu par écrit ou d’un compte réciproque, ouvert et courant.

Lorsque la créance repose sur un contrat, une obligation ou une responsabilité qui ne sont pas constatés par un document écrit, le délai de prescription est généralement de trois ans. La date pertinente peut dépendre du moment où le paiement est devenu exigible, de la dernière inscription au compte, d’un paiement partiel ou d’une reconnaissance écrite de la dette par le débiteur.

Le recouvrement judiciaire de créances à Guam dans les affaires civiles locales ordinaires se déroule généralement devant la Cour supérieure de Guam. Le créancier commence normalement la procédure par le dépôt d’une demande exposant les faits, le montant dû, les bases juridiques de la responsabilité du débiteur et la mesure sollicitée auprès du tribunal. Après le dépôt, l’assignation et la demande doivent être signifiées au débiteur conformément aux règles de procédure civile de Guam.

L’assignation doit informer le débiteur que son absence de comparution ou de défense peut entraîner un jugement par défaut. Lorsque la signification est effectuée par un agent de signification enregistré ou par le service compétent à Guam ou dans une autre juridiction des États-Unis, le formulaire ordinaire prévoit un délai de vingt jours calendaires pour déposer une réponse ou une autre réaction procédurale, sauf si le tribunal fixe un délai différent. Si le débiteur se trouve en dehors de Guam, les modalités de signification et les délais de réponse peuvent nécessiter une analyse procédurale distincte.

Les créances de faible montant peuvent relever de la procédure des petites créances. Cette voie permet de réclamer jusqu’à 10 000 dollars, et les demandes reconventionnelles peuvent également entrer dans cette limite. Lorsqu’un défendeur est poursuivi pour un montant supérieur à 5 000 dollars, il peut demander, dans le délai prévu, le transfert du dossier hors de la procédure des petites créances vers une procédure civile ordinaire. Dans la pratique des petites créances, les parties peuvent aussi régler le litige avant l’audience par un accord écrit, un consentement au jugement ou un formulaire de paiement échelonné.

Lorsque le débiteur ne répond pas ou ne participe pas à la procédure, le jugement par défaut peut devenir un outil procédural important. Selon la règle 55 de la procédure civile de Guam, lorsqu’une partie ne dépose pas de réponse ou ne se défend pas autrement, son défaut peut être constaté. Si la demande du créancier porte sur une somme déterminée ou calculable, le greffier peut, lorsque les conditions légales sont réunies, rendre un jugement pour cette somme et les frais. Dans les autres cas, le créancier doit présenter une demande au tribunal pour obtenir un jugement par défaut.

Dans les affaires de petites créances, si le débiteur accepte de payer mais ne peut pas régler l’intégralité de la somme immédiatement, les parties peuvent utiliser un formulaire de paiement échelonné avec un consentement au jugement. Il ne s’agit pas d’une procédure générale d’injonction de payer, mais ce mécanisme peut être utile lorsque le débiteur reconnaît la dette et que les parties conviennent d’un paiement par versements.

Le droit de Guam reconnaît également le jugement fondé sur une reconnaissance écrite de dette. Ce mécanisme peut permettre l’entrée d’un jugement sans procédure ordinaire complète lorsque le débiteur signe et vérifie une déclaration écrite autorisant le jugement pour une somme déterminée et indiquant les faits démontrant que cette somme est effectivement due. Cette voie doit être utilisée avec prudence, car elle dépend d’exigences formelles strictes et de la coopération écrite du débiteur.

Dans les dossiers appropriés, le créancier peut envisager des mesures conservatoires avant le jugement définitif. Le droit de Guam prévoit des procédures de saisie conservatoire qui peuvent, sous certaines conditions, viser les biens, les droits sociaux, les créances ou d’autres droits patrimoniaux du débiteur. La demande doit être étayée par une déclaration et le créancier peut être tenu de fournir une garantie.

La saisie conservatoire n’est pas un instrument ordinaire de pression. Il s’agit d’une mesure procédurale qui dépend du type de créance, du lien du débiteur avec Guam, de la nature des biens concernés et des faits justifiant la mesure. Le débiteur peut la contester et demander sa mainlevée si elle a été accordée de manière irrégulière ou sans base suffisante.

Après un jugement civil, une partie peut avoir le droit de former un appel selon les règles de procédure d’appel de Guam. Dans une affaire civile, l’avis d’appel est généralement déposé auprès de la Cour supérieure dans un délai de trente jours à compter de l’inscription du jugement ou de l’ordonnance, sauf si des règles relatives aux demandes postérieures au jugement ou d’autres exceptions modifient ce délai.

L’appel peut influencer le moment de l’exécution, notamment si une demande de suspension est déposée ou accordée. Une fois que le jugement rendu à Guam est définitif ou exécutoire, le créancier peut passer aux mesures locales d’exécution. Une situation différente apparaît lorsque le créancier dispose déjà d’un jugement rendu dans une autre juridiction des États-Unis ou dans un pays étranger et souhaite l’utiliser contre le débiteur ou contre des biens situés à Guam.

La reconnaissance et l’exécution des décisions judiciaires étrangères à Guam deviennent pertinentes lorsque le créancier n’a pas besoin d’introduire une nouvelle action en paiement depuis le début, mais veut utiliser un jugement existant contre un débiteur ou des biens situés à Guam. Le droit de Guam distingue les jugements provenant des juridictions des États-Unis et les jugements pécuniaires rendus par des pays étrangers, chaque voie reposant sur son propre cadre juridique.

Un jugement rendu par un tribunal des États-Unis, par un État ou par une autre juridiction bénéficiant du principe de pleine foi et reconnaissance peut être traité selon la loi relative à l’exécution des jugements étrangers. Après le dépôt d’une copie authentifiée auprès du greffier de la Cour supérieure de Guam, ce jugement peut être traité comme un jugement de la Cour supérieure de Guam, sous réserve des règles de notification, de suspension et d’exécution.

Un jugement pécuniaire rendu par un pays situé en dehors des États-Unis est examiné selon les règles de Guam relatives à la reconnaissance des jugements pécuniaires étrangers. Cette voie s’applique aux jugements admissibles qui accordent ou refusent le recouvrement d’une somme d’argent et qui sont définitifs, concluants et exécutoires dans le pays d’origine. Elle ne couvre pas certaines catégories, notamment les jugements fiscaux, les amendes, les sanctions pécuniaires et les décisions relatives aux relations familiales. La reconnaissance peut aussi être refusée pour des motifs tels que l’absence de procédure régulière, l’absence de compétence personnelle, l’absence de compétence matérielle, une notification insuffisante, la fraude ou la contrariété à l’ordre public. L’action en reconnaissance doit généralement être engagée avant l’expiration du plus court des deux délais suivants : la période pendant laquelle le jugement demeure effectif dans le pays d’origine ou quinze ans à compter de la date à laquelle il y est devenu effectif.

Lorsqu’un créancier dispose d’une sentence arbitrale contre un débiteur lié à Guam, l’objectif pratique consiste à transformer cette sentence en résultat exécutoire contre des biens situés sur l’île. L’exécution des sentences arbitrales à Guam dépend du lieu de l’arbitrage, du caractère commercial du litige, de l’application éventuelle de la Convention de New York telle qu’elle est mise en œuvre aux États-Unis, ainsi que de l’existence de biens ou d’intérêts économiques du débiteur pouvant être atteints à Guam.

Pour les sentences arbitrales commerciales étrangères admissibles, la Convention de New York peut s’appliquer par l’intermédiaire du droit fédéral de l’arbitrage des États-Unis. Les États-Unis appliquent cette Convention aux sentences rendues sur le territoire d’un autre État contractant et aux litiges considérés comme commerciaux selon le droit des États-Unis. La partie qui demande l’exécution d’une sentence relevant de cette Convention peut solliciter sa confirmation dans un délai de trois ans à compter de son prononcé, et le tribunal doit la confirmer sauf si l’un des motifs de refus ou de report prévus par la Convention est établi.

Les règles locales de Guam relatives à l’arbitrage international restent importantes pour les arbitrages liés à Guam, notamment lorsqu’une assistance du tribunal local est nécessaire ou lorsque la question n’est pas régie par le droit fédéral de l’arbitrage ni par la Convention de New York. Une fois la sentence arbitrale confirmée, reconnue ou autrement rendue exécutoire à Guam, le créancier peut passer à la même étape pratique qu’après un jugement judiciaire : l’exécution sur les biens du débiteur conformément au droit de Guam.

La procédure d’exécution à Guam commence après l’obtention d’un jugement, le dépôt à Guam d’un jugement provenant d’une juridiction des États-Unis, la reconnaissance d’un jugement pécuniaire étranger ou la confirmation d’une sentence arbitrale. À ce stade, la question principale n’est plus la manière dont le créancier a prouvé la dette, mais l’existence à Guam de biens, de fonds bancaires, de créances, d’actifs commerciaux ou de biens immobiliers pouvant être atteints.

Un mandat d’exécution peut généralement être délivré dans les cinq ans suivant l’inscription du jugement. Il est adressé au service compétent et peut ordonner la satisfaction du jugement sur les biens meubles du débiteur puis, si ces biens sont insuffisants, sur les biens immobiliers.

Si le débiteur possède un bien immobilier à Guam, le créancier peut envisager le dépôt d’un extrait du jugement auprès du directeur de la gestion foncière. Après un dépôt régulier, le jugement peut créer une sûreté sur les biens immobiliers non exemptés du débiteur et produire effet pendant cinq ans, sauf suspension, paiement ou radiation.

D’autres mesures d’exécution peuvent inclure l’interrogatoire du débiteur sur ses biens, des ordonnances de paiement visant les personnes qui doivent de l’argent au débiteur, l’affectation de biens non exemptés au paiement du jugement, la saisie du salaire ou des revenus lorsque la loi le permet, ainsi que d’autres mesures prévues par le droit de Guam. L’exécution doit donc être organisée autour des biens réels du débiteur à Guam, et non uniquement autour de l’existence formelle d’un jugement ou d’une sentence arbitrale confirmée.

Si l’exécution ordinaire montre que le débiteur ne dispose pas de biens accessibles, fait face à plusieurs créanciers ou a pu transférer des biens avant le début du recouvrement, le créancier peut examiner si le dossier relève d’une approche liée à la faillite ou à l’insolvabilité. Cet aspect est particulièrement important à Guam, car le recouvrement peut impliquer non seulement les règles locales d’exécution, mais aussi la compétence fédérale en matière de faillite.

La faillite à Guam relève principalement de la compétence fédérale. La Cour de district de Guam exerce la compétence d’un tribunal des faillites des États-Unis et connaît des procédures de faillite, notamment celles relevant des chapitres 7, 11 et 13 du droit fédéral des faillites. Lorsque cette compétence existe, la stratégie du créancier peut passer de l’exécution individuelle à la participation à une procédure fédérale de faillite.

Pour le créancier, la faillite modifie la voie de recouvrement. Au lieu de poursuivre uniquement des mesures d’exécution séparées, il peut être nécessaire de déclarer ou de surveiller une créance dans la procédure de faillite, de respecter les délais judiciaires, d’évaluer le traitement proposé aux créanciers et de réagir aux tentatives d’effacement, de restructuration ou de retard de paiement. Dans de nombreux cas, l’intérêt pratique de la faillite dépend de l’existence de biens, de leur inclusion dans le patrimoine soumis à la procédure et de la possibilité de contester des opérations effectuées avant le dépôt.

Le droit de Guam prévoit également des règles relatives aux préférences frauduleuses et aux transferts de biens dans un contexte d’insolvabilité. Ces règles peuvent devenir importantes lorsqu’un débiteur insolvable, ou proche de l’insolvabilité, transfère des biens, accorde une sûreté, effectue des paiements, cède des actifs, vend des biens ou laisse saisir des actifs d’une manière qui favorise un créancier, retire des biens de la répartition égale ou retarde les autres créanciers. Si les conditions juridiques sont réunies, l’opération peut être considérée comme nulle, et le bien ou sa valeur peuvent être récupérés au profit du patrimoine du débiteur.

Cette partie de la stratégie est particulièrement importante lorsque le débiteur a transféré des actifs commerciaux à des personnes liées, payé certains créanciers peu avant l’insolvabilité, accordé une sûreté sur un bien de valeur, transféré un immeuble, cédé des créances ou vendu des actifs en dehors du cours normal de l’activité. Dans ces dossiers, l’objectif du créancier n’est pas seulement de prouver la dette, mais aussi d’établir si une valeur a été retirée du patrimoine du débiteur avant un recouvrement légal.

La faillite doit être envisagée lorsque l’exécution ordinaire à Guam n’offre pas de voie réaliste vers le paiement, parce que le débiteur ne dispose pas de biens accessibles, que plusieurs créanciers sont en concurrence ou qu’un transfert de valeur a pu avoir lieu avant le recouvrement. Dans ces situations, l’attention du créancier se déplace de l’exécution individuelle vers la participation à une procédure de faillite ou d’insolvabilité, la surveillance du patrimoine du débiteur, la contestation des opérations suspectes lorsqu’il existe une base juridique et la récupération de valeur au profit des créanciers.

Si vous avez un débiteur à Guam ou si des biens du débiteur peuvent se trouver sur l’île, vous pouvez nous envoyer les documents relatifs à votre dossier par courrier électronique. Grandliga examinera les informations disponibles, évaluera le débiteur, le montant dû, le délai de prescription, la voie judiciaire possible, la reconnaissance d’un jugement ou d’une sentence arbitrale existante, les perspectives d’exécution et les risques liés à la faillite. Si le dossier présente des perspectives juridiques et pratiques réalistes, nous essaierons de vous aider à recouvrer la créance à Guam par la négociation, la procédure judiciaire, la reconnaissance et l’exécution de décisions, les mesures locales d’exécution ou les actions liées à la faillite lorsque cela est approprié.

01.10.2024
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